La Pyramide des apprentissages

La pyramide des apprentissages de Williams et Shellenberger est un modèle issu de l’ergothérapie et des sciences du développement, et qui s’inspire des travaux de A. Jean Ayres, fondatrice de la théorie de l’intégration sensorielle.
Ce modèle sous-tend qu’une bonne organisation sensorielle permet l’émergence de comportements adaptatifs, et que l’accès à nos fonctions cognitives supérieure ( le sommet ), se doit de reposer sur une intégration sensori-motrice optimale ( la base )
Ainsi la maturité de nos systèmes sensoriels primitifs ( vestibulaire, tactile, proprioceptif, visuel, auditif ) propulsée par l’expérience somatique qu’offrent les réflexes primitifs, permettra le développement de notre organisation corporelle future, façonnant notre motricité qui, à son tour, permettra le foisonnement de nos réseaux neuronaux et donc l’accès maximal à nos fonctions dites « supérieures » ( Cognition et fonctions exécutives )
Ce modèle donne la part belle, à juste titre, aux thérapies évaluant la bonne intégrité de notre dynamique sensorielle interactionnelle, et permets, par exemple, de faire le lien entre certaines problématiques posturales, ou cognitivo-émotionnelles avec leur versant sensoriel ( primat de l’ancrage physique, sur l’ancrage émotionnel )
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En effet, cette lecture « pyramidale » tends à surestimer la causalité ascendante, en enfermant l’humain dans un déterminisme hiérarchique unilatéral ( bottom-up ) et rigide incompatible avec les dernières avancées en sciences computationnelles ( cerveau prédictif et cognition incarnée ) :
La perception n’est pas qu’un simple information ascendante mais une inférence active…notre sensorialité est en permanence…. « halluciné » dans un rapport bottom-up et up-bottom. Ainsi, notre système limbique influence-t-il directement la perception sensorielle.
C’est donc là la limite d’une pyramide qui relève plus du modèle pédagogique métaphorique que d’un canevas neuro-développemental concret, la faute à une simplification massive des enjeux neuro-physiologiques autant que d’une sous-estimation des facteurs émotionnels et socio-contextuels

